Les ours blancs, de Marchak

LES OURS BLANCS 

Un jour, André Markowicz découvre sur Internet l'édition originale du premier livre de Samouil Marchak, le plus grand poète russe pour enfants, un livre sur le zoo illustré par Cecil Aldin.

Il rédige un mot à mot pour Françoise Morvan qui en donne une traduction et la propose à l'éditeur qui a déjà publié ses traductions de Marchak. Hélas, l'éditeur refuse de publier la première édition (1923) et ne veut publier que la première édition illustrée par un peintre russe (1930). Mais entre la première édition qui joue de l'humour pour dénoncer la dictature et l'édition soviétique censurée, le livre a perdu toute sa force subversive… Les deux livres restent donc à ce jour traduits pour rien. Et pourtant, ils posent des problèmes passionnants. Un éditeur se trouvera-t-il ?

Françoise Morvan et André Markowicz ont choisi de donner deux poèmes dans la version originale et la version censurée pour aborder les problèmes de la traduction de la poésie.

Le premier des deux poèmes, « Les ours blancs », a été lu et traduit par tous les stagiaires et les intervenants.

L'enjeu était : comment restituer la forme (qui est très simple mais très stricte) en gardant tout à la fois le naturel, l'humour et, en arrière-fond, le tragique d'un poème qui, sous une apparence allègre et immédiatement accessible aux enfants, est une dénonciation de l'enfermement.

Voici la traduction du texte, mot à mot, par Françoise Morvan

Les ours blancs

Chez nous, les ours du nord,

On a installé dans la cage un océan

Il n'est pas profond et très petit

Mais, en revanche, il n'y a pas de récifs sous-marins.

L'eau est fraîche et renouvelée

Elle est changée par les gardiens

Mon frère et moi nageons ensemble

Et nous parlons de ci et de ça.

Nous nageons du mur jusqu'au mur

Soit sur le dos, soit sur le côté.

Tiens ta droite, mon cher,

Ne me bouscule pas avec ta patte !

Mais c'est dommage que les gardiens

Ne veuillent pas laisser venir chez nous le morse.

Même si je ne le connais pas personnellement

Je serais heureux de me bagarrer avec un pays !

Rythme imabique — 4 iambes (8 syllabes). Rimes plates, masculines.

Vous trouverez, en fichier-joint, les premières propositions.

Les ours blancs 1 (version complète, Martin)

Les ours blancs 2 (version édulcorée, Martin)

Les ours du Nord (Sophie)

Les ours blancs (Ramia)

Les ours blancs (Célin)

Les ours blancs (Maude)

D'autres propositions de stagiaires seront bientôt mises en ligne.