Pierre Deshusses, atelier du 18 mai

Un animateur d'atelier qui commence à demander aux stagiaires de décrire le texte qu'ils ont devant eux, d'en chercher le ton, le rythme. Des auditeurs d'abord interloqués, mais qui très vite se prêtent au jeu, soulèvent chaque mot de ce texte allemand, qu'ils ne comprennent pas, comme on effeuille une fleur pour en atteindre le coeur. Un moment de magie, une ébauche supplémentaire pour cet enseignement de la traduction que l'Ecole expérimente à tâtons, mais désormais à grands pas. O.M.

Sur cette séance exceptionnelle, quelques mots de Pierre:

L'École de traduction du CNL est un lieu d'enseignement si singulier qu'il imposait des approches nouvelles. Déjà la situation de départ est inhabituelle : un traducteur invité face à une vingtaine de jeunes traducteurs déjà confirmés. Pas question de jouer au maître. Alors de l'Allemagne à l'Autriche en passant par les tags de la gare de l'Est et la presse turque dans les bistros, le parcours a d'emblée choisi les chemins de traverse pour faire l'école buissonnière. Et c'est dans l'obscurité des fourrés syntaxiques, la lumière des sous-bois philologiques, au rythme d'un vent de questions venues souvent d'horizons inattendus, que nous avons fait ensemble des découvertes qui ne se traduisent pas.

Pierre Deshusses