Atelier du 7 novembre 2015 : Le sens avant le son

Pierre Deshusses

Le sens avant le son

Ce samedi 7 novembre, c’est Pierre Deshusses qui est intervenu devant les élèves de l’ETL. Le romancier, traducteur et professeur de littérature allemande s’est lancé dans un paradoxal « plaidoyer contre la traduction ». De fait, ne pas comprendre est bien souvent garant d’un certain confort : le cerveau est au repos et se laisse simplement bercer par la musique de la langue. Cela signifie-t-il pour autant que la mélodie d’une langue prime sur le reste ?

La problématique des rapports entre sens et son se trouve au cœur du travail du traducteur. À la différence de certains, Pierre Deshusses refuse de considérer que la traduction est avant tout une question de sonorités. Si la littérature est bel et bien faite de rythme et de souffle, la signification compte aussi. L’un des buts du traducteur est certes de recréer une « petite musique » – qui ne pourra par ailleurs jamais être identique à celle de l’original –, mais ce travail devra toujours s’effectuer à partir de la donnée première qu’est le sens.

Pierre Deshusses a conclu son intervention en rappelant que Babel, mythe fondateur de la disparité des langues, est aussi celui de la traduction : c’est bien d’une volonté de compréhension et donc d’une quête de sens qu’il s’agit avant tout.