Françoise MANCIP-RENAUDIE (russe)

Traduire de la littérature russe…

Ce-jour là, pour me distraire, le doigt de Tante Annie s’est tendu vers le ciel, en direction d’un spoutnik où logeait un cosmonaute. Un fil d’Ariane invisible m’attache à ce vaisseau. Puis, je me hisse sur la pointe des pieds pour toucher des lettres d’or dont le déchiffrage me résiste.

Les contes russes découverts en français font le reste. Boucle d’or, m’a-t’on surnommée à l’école. Je devais donc apprendre à tout prix cette langue parlée par des gens audacieux et dont l’imaginaire répondait au mien, ne fut-ce qu’à travers ma langue maternelle. Enfin capable de m’orienter dans ces précieux dictionnaires si longtemps convoités, je délaisse les versions et les thèmes du cours de latin pour transposer l’exercice à tout ce que qui me tombe sous la main, pourvu que ce soit en russe: légendes de cartes postales, guides de voyage rapportés de mes séjours réguliers en échanges scolaires.

Plus tard, ma vocation de cosmonaute n’ayant pas éclos, mais formée autant en sciences qu’en lettres,  j’entre dans le métier des relations internationales au service de la coopération scientifique et culturelle, après une année d’études à Moscou. Les voyages et missions que j’effectue alors me permettent d’entretenir ce lien d’enfance à la langue russe.

C’est ainsi qu’un jour, j’ai résolu de quitter l’orbite de la traduction scientifique et technique pour rejoindre l’univers de la traduction littéraire. 

A ce jour, j’ai traduit cinq romans du russe ; pour les éditions Calmann-Lévy

  • Taïga Transe d’Olga Naoumova (en collaboration),
  • Le conseiller du Président de Victor Malguine,
  • Le bibliothècaire de Mikhaïl Elizarov ;

Piranha éditions a publié  la version française de

  • Khatynskaïa povest, finalement intitulée Viens et vois, d’Ales Adamovitch ;

sont à paraître :